Catégorie
Lecture de 8 min

Le syndrome de l’imposteur chez les dirigeants : et si c’était votre plus grande force ?

Écrit par
Nom complet
Publié le
25/3/2026

Lena est CEO d’une startup de 40 personnes dans la santé digitale. Elle a levé 8 millions d’euros, recruté une équipe de talents remarquables, et signé des partenariats avec trois CHU. Quand on la rencontre en conférence, elle est lumineuse, articulée, convaincante. Mais chaque soir, en rentrant chez elle, la même pensée la traverse : « Un jour, ils vont se rendre compte que je ne suis pas à la hauteur. »

Lena souffre du syndrome de l’imposteur. Et elle n’est pas seule. Selon les recherches en psychologie, environ 70 % des personnes expérimentent ce phénomène au moins une fois dans leur vie. Mais chez les dirigeants, la prévalence est encore plus élevée, parce que le leadership expose en permanence à des situations où l’on est jugé, évalué, et où les conséquences des erreurs sont amplifiées.

Ce que la plupart des articles sur le syndrome de l’imposteur ne disent pas, c’est qu’il n’est pas forcément votre ennemi. Chez EIYU, notre approche du coaching exécutif, inspirée de Carl Rogers, nous a enseigné quelque chose de contre-intuitif : le syndrome de l’imposteur, quand il est compris et intégré plutôt que combattu, peut devenir l’un des moteurs les plus puissants d’un leadership authentique.

Pourquoi les meilleurs dirigeants doutent le plus

Le syndrome de l’imposteur n’est pas un signe d’incompétence. C’est souvent le contraire. Il touche de manière disproportionnée les personnes intelligentes, consciencieuses et exigeantes envers elles-mêmes. Ce sont précisément les qualités qui font les bons leaders.

Pourquoi ? Parce que la compétence crée la conscience de l’incompétence. Plus vous en savez sur un sujet, plus vous comprenez l’étendue de ce que vous ne savez pas. C’est l’effet Dunning-Kruger inversé : les personnes les plus compétentes sous-estiment leurs capacités, tandis que les moins compétentes les surestiment.

Un dirigeant qui ne doute jamais est un dirigeant dangereux. Le doute est le gardien de l’humilité, de la curiosité et de la vigilance. Ce n’est pas le doute qui pose problème. C’est quand le doute se transforme en paralysie, en autocritique destructrice ou en refus de reconnaître ses propres accomplissements.

Les quatre visages du syndrome de l’imposteur chez les dirigeants

Le perfectionniste. Rien n’est jamais assez bien. Chaque présentation pourrait être meilleure, chaque décision pourrait être plus informlée. Ce dirigeant fixe des standards impossibles à atteindre, et quand il les atteint, il relève la barre. Le succès ne prouve jamais rien. Seul l’échec « compte ».

L’expert. Ce dirigeant ne se sentira légitime que lorsqu’il saura « tout ». Il accumule les formations, les certifications, les lectures — non par curiosité mais par peur d’être démasqué comme ignorant. Il hésite à prendre la parole tant qu’il n’a pas maîtrisé un sujet à 100 %, ce qui le ralentit considérablement.

Le soliste. Demander de l’aide est un aveu de faiblesse pour ce dirigeant. Il porte tout seul, refuse de déléguer, et interprète toute difficulté comme la preuve de sa propre insuffisance. Le coaching est particulièrement transformateur pour ce profil, parce qu’il lui offre un espace où recevoir de l’aide n’est pas un signe de faiblesse mais un acte de courage.

Le surhumain. Ce dirigeant mesure sa légitimité à la quantité de travail qu’il abat. Soixante-dix heures par semaine ? Normal. Disponible le week-end ? Évidemment. Si les résultats suivent, ce n’est pas grâce à ses compétences mais grâce à son acharnement. Cette croyance le conduit tout droit vers l’épuisement.

De l’imposteur au leader authentique : le chemin

Carl Rogers enseignait que la condition essentielle du changement est ce qu’il appelait la « considération positive inconditionnelle » : la capacité à s’accepter tel que l’on est, avec ses forces ET ses doutes, sans chercher à être quelqu’un d’autre. Appliqué au syndrome de l’imposteur, ce principe est libérateur.

Transformer le syndrome de l’imposteur ne signifie pas l’éliminer. Cela signifie changer votre relation avec lui. Le doute reste. Mais il cesse d’être une voix intérieure paralysante et devient un signal qui vous maintient en éveil, en apprentissage et en connexion avec votre authenticité.

En coaching chez EIYU, nous travaillons sur trois axes pour accompagner cette transformation. Le premier est la conscience de soi : identifier précisément quand et comment le syndrome se manifeste chez vous, quels sont ses déclencheurs et quels schémas de comportement il génère. Le deuxième est la déconstruction des croyances limitantes : ces histoires que vous vous racontez (« si je ne suis pas parfait, je ne suis pas légitime », « si je demande de l’aide, on me jugera faible ») et qui n’ont aucune base factuelle. Le troisième est l’ancrage dans les accomplissements : apprendre à reconnaître et à intégrer vos succès plutôt que de les attribuer systématiquement à la chance ou aux circonstances.

Le retournement de Lena

Lena a commencé son coaching en s’excusant presque d’être là : « Ce n’est probablement pas si grave, je devrais pouvoir gérer ça toute seule. » Cette phrase, à elle seule, était la manifestation parfaite du syndrome qu’elle venait travailler.

Au fil des séances, Lena a découvert que son sentiment d’imposture était alimenté par une croyance héritée de son éducation : l’idée que la réussite « réelle » est silencieuse et modeste, et que toute visibilité est suspecte. Cette croyance, qui l’avait protégée dans sa jeunesse, était devenue un frein dans un rôle où la visibilité est une nécessité stratégique.

Aujourd’hui, Lena monte toujours sur scène avec une petite boule au ventre. Mais elle ne la combat plus. Elle l’accueille comme le signe qu’elle s’apprête à faire quelque chose qui compte. Le doute n’a pas disparu. Il a changé de statut. De tyran intérieur, il est devenu un compagnon de route qui la maintient exigeante, humble et authentique.

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, sachez que le syndrome de l’imposteur n’est pas quelque chose à « guérir ». C’est quelque chose à comprendre, à apprivoiser, et à transformer en force. Découvrez comment notre coaching exécutif peut vous y aider ou réservez une consultation gratuite.

Schiano Loïc
Directeur de EIYU

Passionné par l'humain et convaincu du potentiel illimité de chacun. Je suis formé à HEC et certifié en MBTI et DISC. Je consacre ma carrière à accompagner les leaders vers une croissance durable, en combinant l'approche centrée sur le client de Carl Rogers avec des méthodologies modernes et innovantes. Mon objectif est d'être un outil au service du potentiel de chaque individu et de favoriser un impact positif sur les organisations.

Contactez-nous

Vous avez des questions à propos de nos exécutifs coaching & formations ?

Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.